- Land
- Nederland
- Conditie
- Gebruikt
- Provincie
- Limburg
Omschrijving:
LA PEINTURE CHINOISE
Texte de James Cahill
Conservateur-adjoint pour l'art chinois à la Freer Gallery of Art, Washington
Traduit de l'anglais par Yves Rivière
© 1977 by Editions d'Art Albert Skira S.A., Genève
Première édition © 1960 by Editions d'Art Albert Skira, Genève
IMPRIME EN SUISSE
Boek in atlasformaat met zwarte kaft met illustratie met witte letteropdruk in perfecte conditie;
215 pagina's met teintallen kleurenreprodukties, tekeningen, foto's, illustraties enz.;
En dehors de l'Europe, il n'est pas de tradition picturale plus riche et plus variée que celle de la Chine; l'Occident ne lui a pourtant jamais accordé l'attention qu'elle mérite. Dans un bref et pénétrant passage de ses Voix du Silence, André Malraux tente de l'expliquer. A cette ignorance, il propose d'abord plusieurs raisons matérielles: les bonnes reproductions en couleurs sont rares; les grandes collections de l'ExtrêmeOrient sont restées inaccessibles jusqu'à un passé très récent; celles de l'Occident de l'Europe plus exactement - ne sont pas assez riches pour permettre une connaissance véritable de cet art. A ces motifs, il ajoute ensuite celui-ci, dordre historique: «Le japonisme fin-de-siècle... caricature encore [la peinture chinoise] »; il s'agit en fait de la )einture Song, la seule à trouver place dans le Musée imaginaire. M. Malraux termine son analyse sur une grave accusation : si cette peinture « commence à intriguer nos peintres... son humanisme apparent ne répond à rien qui nous harcèle».
Les obstacles matériels s'écroulent vite, et l'ouvrage que voici voudrait y contribuer. Le japonisme cède du terrain: nous le savons maintenant responsable de nos premières idées sur la peinture chinoise; concepts et principes japonais s'effacent devant ceux de la Chine, bien plus élaborés et plus pertinents, auxquels nous joignons aussi plusieurs des nôtres.
Pour ce qui est de « l'humanisme apparent », bien réel en fait, la cause est sans espoir. Néanmoins, l'existence de cet humanisme est parfois contestée: notre confiance bien souvent ébranlée en notre héritage, nous demandons réponses aux questions qui nous hantent à des lieux, à des temps très lointains des nôtres ; la Chine en pâtit souvent, réduite à une illusoire et décevante parenté avec l'Inde et certaines cultures «traditionnelles », régies par le rite et la religion. En réalité, c'est parce que la Chine a longtemps possédé, comme nous ces derniers siècles, une civilisation humaniste et, par suite. régulièrement prise de doutes sur la valeur de cet humanisme même, que son art est si proche du nôtre et de nos problèmes. En Chine est apparue très tôt une théorie esthétique d'après laquelle la peinture a pour objet d'exprimer la pensée et les sentiments de l'individu qui la crée, en dehors, et même en dépit de toute interprétation descriptive ou métaphysique du monde extérieur. Cette conception, qui accorde une place secondaire au monde extérieur, ne pouvait fleurir que dans un contexte humaniste. En même temps que les peintres et les critiques l'acceptaient, elle éloignait toujours plus l'artiste de l'artisan anonyme des sociétés « de tradition », dont la personne s'efface derrière les concepts culturels de son temps et dont le seul rôle est de donner une incarnation à ces derniers. Les problèmes interdits ou étrangers à cet artisan étaient chers au peintre :hinois: Comment faire d'un style un instrument d'expression personnelle? Comment Darvenir à un équilibre entre description objective et commentaire subjectif? Comment charger d'un contenu humain la matière formelle de la peinture, séparer sa signification propre du sens littéral ou symbolique du sujet? A proprement parler, l'être humain n'a pas constitué le thème essentiel de la peinture chinoise à l'époque Song et postérieureid, il l'a pourtant été. S'il n'apparaît pas en tant que tel dans l'œuvre picturale, sa présence se fait sentir dans le style, souvent même de façon agressive. La Chine jugea toujours de la quahté d'une œuvre d'après sa valeur humaine. Elle îspectait l'élan créateur de l'individu aussi bien que la permanence assurée par la ;radition. La peinture, à ses yeux, progressait par à-coups dus aux grands maîtres qui créaient des styles neufs et, parfois, des écoles et des mouvements nouveaux. Le novice levait certes commencer par imiter ses prédécesseurs - et le rôle de la critique était ensuite, de préciser ces sources - mais il avait en même temps droit à une certaine liberté. L'œuvre d'art n'était pas l'unique objet de réflexion des critiques; ils s'intéressaient aussi au peintre en tant qu'homme et à ses créations en tant que reflets expressifs de cet homme.
Il n'y a rien d'exotique dans tout ceci. Pourtant une curieuse transformation s'est produite: alors qu'autrefois on comprenait mal la peinture chinoise en raison de tout ce qu'elle était censée avoir d'étrange, de bizarre, aujourd'hui elle est en danger d'être méconnue et mal interprétée par ceux qui ne la trouvent pas suffisamment étrange. )n la voudrait mystérieuse, passionnante; elle déçoit dans la mesure oii elle semble répéter les découvertes de l'art occidental. Mais la peinture chinoise n'a pas besoin des fausses séductions qu'on voudrait lui prêter. Si d'une façon générale, la Chine a rencontré les mêmes problèmes esthétiques que nous, les solutions qu'elle leur apporte - ses modes de représentation et d'expression - sont la plupart du temps très différentes des nôtres, presque toujours neuves et stimulantes pour nous. Nous ne saurons si la peinture chinoise répond ou non à « ce qui nous harcèle » que lorsque nous la connaîtrons mieux, l'aurons mieux comprise, l'aurons vue mettre en œuvre ses solutions personnelles. Le texte qui suit présente chaque peinture contre une toile de fond, celle des idées esthétiques et critiques de son temps, et voudrait, de la sorte, participer à cette connaissance meilleure.
Nous sommes reconnaissants aux musées et aux collectionneurs privés qui nous ont autorisés à photographier les œuvres ici reproduites qui leur appartiennent. En particulier, la Joint Administration of National Palace and Central Muséums, de Formose, mérite toute notre gratitude pour nous avoir accordé le privilège sans précédent de réaliser cinquante photographies en couleurs de peintures en- sa possession ; à elles seules. elles composent presque la moitié de cet ouvrage ; la plupart sont reproduites en couleurs pour la première fois; certaines n'avaient jamais été publiées. Au Japon, toute notre reconnaissance est acquise à la Commission pour la Protection des Biens Culturels, de Tokyo, et en particuHer au Professeur Takaaki Matsushita; au Musée National de Kyoto et au Professeur Shûjirô Shimada; au Musée Municipal d'Osaka, oii se trouve l'ancienne collection Abe; au Yamato Bunka-kan d'Osaka; au Fujii Yûrinkan de Kyoto; au Musée Nezu de Tokyo. Quatre temples bouddhistes de Kyoto nous ont donné libre accès aux trésors qui leur appartiennent: le Daitokuji, le Tôfukuji, le Ninnaji et le Shôkokuji. Parmi les collectionneurs privés, il nous faut citer Madame Kanichi Sumitomo, de Oiso, et M. Hisao Sugahara, de Kamakura; Madame Sumitomo nous a permis de reproduire des œuvres faisant partie de l'admirable collection rassemblée par son regretté mari.
Les musées d'Europe et des Etats-Unis qui nous ont aimablement autorisés à utiliser leurs collections sont la Freer Gallery de Washington ; le Muséum of Fine Arts de Boston ; la WiUiam Rockhill Nelson Gallery of Art, de Kansas City; le Metropolitan Muséum of Art, de New York; l'Honolulu Academy of Arts; le British Muséum, et le Musée d'Art Asiatique d'Amsterdam. Les collectionneurs privés dont les collections sont présentées ici sont Mr. John M. Crawford Jr., de New York; Mr. C. C. Wang, de New York; Mr. H. C. Weng, de Scarsdale, New York; la collection Nu Wa Chai, de Munich; et M. Jean-Pierre Dubosc, de Lugano. Mr. C. C. Wang m'a ouvert les trésors de son érudition ; il a vérifié le choix des peintures et m'a donné son très précieux avis sur la qualité et l'authenticité de certaines pièces; je lui en suis profondément reconnaissant. Le Professeur Max Loehr a eu la bonté de relire le manuscrit d'un bout à l'autre; je lui dois un grand nombre de corrections et de modifications. Les suggestions de ma femme m'ont fait récrire plusieurs passages du texte, et y changer maint détail. Pour les traductions du chinois, j'en suis presque toujours responsable, mais j'ai consulté à propos de certaines d'entre elles les sept volumes de la Peinture Chinoise du Dr. Osvald birén, auquel j'ai également emprunté des renseignements sur plusieurs artistes. Ma dette à l'égard de cet ouvrage monumental exigerait bien plus que cette simple citation. Le Dr. Richard Edwards et Mr. Tseng Hsien-ch'i sont les auteurs de la transcription anglaise du poème de Chen Tcheou de la page 128. Le titre chinois de la couverture a été composé et dessiné par M. Tchouang Yen, le Conservateur des Collections du Musée du Palais (anciennes collections du Musée de Pékin, actuellement à Formose).
Mon texte est dédié à Mr. A. G. Wenley, le remarquable directeur de la Freer Gallery, avec ma chaude gratitude pour son incomparable enseignement.
JAMES CAHILL.
Table des matières
INTRODUCTION
Les débuts de la peinture de personnages sous les Han, les Six Dynasties et les T'ang
Les débuts du paysage, des Six Dynasties au commencement des Song
Le paysage du milieu de la période Song
La peinture de personnages sous les Cinq Dynasties et à l'époque Song
L'homme et la nature
La peinture d'oiseaux, de fleurs et d'animaux à l'époque des Song
Le paysage de l'Académie à l'époque des Song du Sud: Ma Yuan, Hia Kouei, Ma Lin
Les peintres lettrés et tch'an de la période Song
Les premiers peintres Yuan: Ts'ien Siuan, Tchao Mong-fou, Kao K'o-kong
Les peintres de la fin de la dynastie Yuan: les Quatre Grands Maîtres et Cheng Meou
Les débuts de r« Académie » Ming et l'école du Tchô-kiang: Pien Wen-tsin, Tai Tsin, Wou Wei
L'école de Wou: Chen Tcheou, Wen Tcheng-ming et leur descendance
Tcheou Tch'en, T'ang Yin et K'ieou Ying
Tong K'i-tch'ang et les peintres de la fin des Ming
Les débuts de la peinture Ts'ing : les maîtres «orthodoxes»
Les débuts de la peinture Ts'ing: les individualistes
Les excentriques de Yang-tcheou et le dix-huitième siècle
TABLE DES DYNASTIES
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE
INDEX DES NOMS ET SUJETS CITÉS
TABLE DES ILLUSTRATIONS
1. LES DÉBUTS DE LA PEINTURE DE PERSONNAGES SOUS LES HAN, LES SIX DYNASTIES ET LES T'ANG
(lle-lXe siècles)
2.
LES DÉBUTS DU PAYSAGE: DES SIX DYNASTIES AU COMMENCEMENT DES SONG
(lXe-Xle siècles)
3.
LE PAYSAGE SONG: LA PÉRIODE CENTRALE
(Xle-Xlle siècles)
4.
LA PEINTURE DE PERSONNAGES DES CINQ DYNASTIES ET DES SONG
(xe-xiiie siècles)
5.
L'HOMME ET LA NATURE
(lVe-Xllle siècles)
6.
LA PEINTURE D'OISEAUX, DE FLEURS ET D'ANIMAUX SOUS LES SONG
(Xe-Xllle siècles)
7.
LE PAYSAGE DE L'ACADÉMIE DES SONG DU SUD MA YUAN, HIA KOUEI ET MA LIN
(Xlle-Xllle siècles)
8.
LES PEINTRES LETTRÉS ET TCH'AN DE LA PÉRIODE SONG
(Xle-Xllle siècles)
9.
LES PEINTRES DU DÉBUT DES YUAN: TS'IEN SIUAN, TCHAO MONG-FOU ET KAO K'O-KONG
(fin du Xllle et début du XlVe siècle)
10.
LES PEINTRES DE LA FIN DES YUAN: ES QUATRE GRANDS MAÎTRES ET CHENG MEOU
(XlVe siècle)
11.
L'«ACADÉMIE» DU DÉBUT DES MING ET L'ÉCOLE DU TCHÔ-KIANG: PIEN WEN-TSIN, TAI TSIN ET WOU WEI
(XVe siècle)
12.
L'ÉCOLE DE WOU: CHEN TCHEOU, WEN TCHENG-MING ET LEUR DESCENDANCE
(XVe-XVle siècles)
13.
TCHEOU TCH'EN, T'ANG YIN ET K'IEOU YING
(XVle siècle)
14.
TONG K'I-TCH'ANG ET LA PEINTURE DE LA FIN DES MING
(XVle-XVlle siècles)
15.
LES DÉBUTS DE LA PEINTURE TS'ING: LES MAÎTRES «ORTHODOXES»
(XVlle siècle et début du XVllle siècle)
16.
LES DÉBUTS DE LA PEINTURE TS'ING: LES INDIVIDUALISTES
(XVlle siècle et début du XVllle siècle)
17.
LE DIX-HUITIÈME SIÈCLE ET LES EXCENTRIQUES DE YANG-TCHEOU
La curiosité du monde entier se tourne à nouveau vers l'Asie, source immémoriale de sagesse et de splendeur, et tout d'abord Vers la Chine aux traditions millénaires. Les Chinois eux-mêmes ont toujours considéré la peinture comme l'art suprême et le seul 'éritable; celui qui se distingue de l'artisanat et de la décoration pour rejoindre à l'état pur la pensée contemplative et la poésie.
La Peinture Chinoise en son incohiparable raffinement et sa haute expérience humaine est une peinture sur soie ou sur papier, composée sur des rouleaux horizontaux ou verticaux, par des artistes inspirés et rompus à leur métier, qui sont aussi des philosophes et des poètes. Depuis le début du siècle, les musées orientaux d'Europe et surtout des U.S.A. en ont acquis quelques beaux spécimens, mais les rouleaux les plus précieux sont encore jalousement conservés dans les collections impériales maintenant à Formose et dans les temples et les collections privées difficilement accessibles du Japon. Ils n'ont été montrés jusqu'ici qu'en de rares occasions et à de ares privilégiés, car la délectation de la peinture en Orient est un état de grâce réservé aux initiés. Pour la première fois, après de longues et subtiles négociations, nous avons obtenu l'autorisation exceptionnelle d'accéder à ces trésors secrets, déroulés selon le rite ancestral. Nous avons chargé l'auteur de notre livre, lejeune et brillant spécialiste américain James Cahill, de la Freer Gallery de Washington, d'aller les étudier sur place en compagnie de nos techniciens, et de photographier les inédits les plus sensationnels. Le récit de leur campagne diplomatique et technique à Formose et à travers le Japon est un document mémorable. Nous avons engagé dans cette réalisation un immense effort financier et nous perfectionnons sans cesse nos procédés matériels pour rendre en ses moindres nuances la subtilité d'un art qui est peut-être le plus accompli du monde. Et nous avons désormais la certitude et la joie d'obtenir enfin le reflet fidèle et complet de la haute peinture chinoise et de révéler aux amateurs de tous les pays un des joyaux les plus précieux et les plus secrets du patrimoine humain.